Weiss Architecture Studio

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Polystyrène, le jour ou j’ai failli arrêter l’archi
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On nous avait préparé à (ré)enchanter le monde (pour peu qu’il l’est déjà été), à être créatif, à penser différemment pour appréhender les problèmes sous un autre angle … Après 25 ans d’exercice dans le domaine de l’architecture, conjugué à 10 ans dans le domaine du design et à un mandat d’élu, je peux vous le dire avec certitude vivre dans un monde sain, beau et équitable n’est la priorité pour personne. Au fil des ans, j’ai vu notre quotidien d’indépendant se dégrader. Pris en étau dans le triptyque politique, client, finance, il est devenu pour celui qui sait, impossible de survivre. 

Les politiques d’abord, loin du terrain, loin de notre réalité, ont  mis en place une industrie à fabriquer des normes, des règles, des lois, des obligations… Ils ont mis en place des plateformes, ont inventé la dématérialisation, et nous laissent seuls face aux bugs . … De fait, on passe notre temps à chercher la faille sous peine de produire une architecture vide de sens, on se bat avec les services instructeurs, nos consoeurs et confrères ABF, on essaye de convaincre les élus et on devient déficient (PDN * personne déficiente numériquement)  devant le nombre toujours plus grand d’interfaces informatiques … On déclare chaque phase d’un projet à l’AMI de la MAF, on trinque avec le compagnon rénov’ qui vous promet des primes, des aides au projet, et on se fait trimballer entre les service des ALEC, de L’ADEME, de la DREAL, du SDIS, en attendant le retour du bureau de contrôle et du SPS… Ça c’est notre premier tiers temps

Puis on se confronte au client qui n’est pas éduqué au monde du beau, au monde du pourquoi faire autrement que chez son voisin ou sa cousine… Lui, il s’en fout des contraintes, il sait ce qu’il veut. Alors on passe du temps pour lui faire comprendre que c’est mieux ainsi, que son projet c’est aussi un morceau de vie, un édifice que l’on verra dans le quartier… que les pelouses synthétiques c’est de la merde, une aberration esthétique, un crime écologique, que notre client à nous, c’est le lieu… Un autre tiers temps

Et puis voilà le moment ou s’additionne les contraintes, les indices boursiers des matériaux, les pénuries, les tensions, les relances de l’urssaf, … c’est le temps des deniers… on cherche l’économie, on négocie l’artisan, on abandonne l’éthique et on passe au polystyrène…  encore un tiers temps

Le compte est bon, trois tiers qui font un, malédiction je n’ai plus le temps de produire de l’idée …l’étau c’est re-fermé. 

Le constat est là, tout est en place pour fabriquer de la banalité et de la médiocrité, on oublie l’environnement, on avance comme des zombies en bande organisée, chacun sa tache. Essayons après cette entame dramaturgiquement pessimiste, de (ré)inventer un nouveau monde, un monde ou les normes s’amenuisent, recherchons la quintessence du beau – une contraction de notre environnement d’ou émanerait l’essentiel, où l’on place l’humain devant ses responsabilités et ses contradictions… fini les gardes-fous … nous rentrons en mutanerie.

MUTANES est né, cerfira bien qui cerfira le dernier.

Ce lab nous permettra d’expérimenter des idées, d’introduire la narration comme un outil de projet, mais surtout de conserver un esprit créatif pour ne pas tomber dans la banalité et pour continuer à respecter le lieux et le client. Avec mutanes on va revitaliser notre façon d’aborder le projet à toutes les échelles.